Le 10 novembre dernier, le Collège de l’Agence a examiné les perspectives budgétaires pour 2017 et fait le constat d’une situation particulièrement préoccupante.

En effet, le budget de l’AFLD présente, de manière structurelle, un déficit annuel de l’ordre de 650 000 euros, jusqu’ici compensé par un prélèvement sur son fonds de roulement. Ce palliatif n’est désormais plus possible, alors même que les exigences de l’Agence mondiale antidopage en matière de détection de substances dopantes sont de plus en plus coûteuses.

Le projet de loi de finances pour 2017 a laissé un temps l’espoir que cette difficulté soit résolue en prévoyant une augmentation nominale de 700 000 euros (+ 9 %) de la subvention allouée à l’AFLD.

Malheureusement, contrairement à ce qu’il a publiquement annoncé, le ministère des sports a signifié à l’AFLD que cette augmentation serait neutralisée par une mesure de « gel des crédits » d’une ampleur supérieure à celles appliquées précédemment. Sur les 8,5 millions d’euros prévus par le projet de loi de finances, seuls 7,8 millions d’euros seront effectivement versés.

Le Collège de l’Agence propose, depuis plusieurs années déjà, d’augmenter de manière minime (+ 0,1 %) le taux de la contribution sur la cession des droits de retransmission des compétitions sportives – dite « taxe Buffet » – et de se voir affecter le produit supplémentaire. Cette solution présente en effet plusieurs mérites : simple dans sa mise en œuvre, modérée dans ses effets, elle permettrait un financement autonome et durable de la lutte contre le dopage et contribuerait à concrétiser l’engagement du monde sportif.

Malheureusement, les initiatives parlementaires allant en ce sens n’ont pu jusqu’à maintenant aboutir.

Dans ces conditions, l’AFLD sera conduite à réduire très sensiblement (de l’ordre de 20 %), le nombre des contrôles qu’elle diligente.

Bruno Genevois, Président de l’Agence, déclare : « L’AFLD a jusqu’ici réussi à faire face malgré le manque de moyens et la qualité de son action est soulignée au plan international. Mais, aujourd’hui, sa capacité à assurer sa mission de service public est menacée. L’État et le monde sportif sont face à un choix, alors même que Paris présente sa candidature pour l’organisation des Jeux olympiques en 2024. Une réduction du nombre des contrôles porterait une atteinte sévère à la crédibilité du dispositif de lutte contre le dopage en France. Si rien n’est fait, elle est pourtant inéluctable dès 2017. »