Articles de jmarival

Décès de Pierre Bordry, président de l’AFLD entre 2006 et 2010

L’AFLD a appris avec une profonde tristesse le décès de Pierre Bordry, qui fut le premier président de l’Agence après une riche carrière administrative. En prenant les rênes de l’organisation antidopage française lors de sa création en 2006, il poursuivait, animé par la même énergie, son mandat entamé en 2005 comme président du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD).

Crédits : P. Lablatinière/L’Équipe

Par sa pugnacité, Pierre Bordry a contribué à installer la nouvelle Agence dans le paysage sportif français et international et à jeter les bases de son action répressive. De 2006 à 2010, il a connu la structuration à l’échelle internationale de la lutte antidopage, sous l’égide de l’Agence mondiale antidopage (AMA), se muant volontiers en un défenseur de l’action et de l’efficacité des agences nationales antidopage au sein de cette communauté naissante. Sous sa présidence, la coopération de l’AFLD avec d’autres organisations nationales antidopage, de même qu’avec les forces de l’ordre, a été renforcée et promue au service d’un sport plus propre.

Pierre Bordry laisse le souvenir d’un président pleinement engagé dans la lutte antidopage et soucieux d’asseoir la crédibilité du dispositif français pour le maintenir en pointe de ce combat. Par son action déterminée, il a œuvré sans relâche pour la reconnaissance de l’AFLD afin qu’elle dispose des moyens d’assurer sa mission au service d’un sport sans dopage.

Consciente de ce legs déterminant à la montée en puissance de l’AFLD, Béatrice Bourgeois, sa présidente, adresse, au nom de l’ensemble de l’Agence, ses plus sincères condoléances aux proches de Pierre Bordry à l’occasion de sa disparition.

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Liste des substances interdites 2024 : le tramadol désormais interdit en compétition

La nouvelle liste des substances et des méthodes interdites, réactualisée chaque année par l’Agence mondiale antidopage (AMA) après une large consultation d’experts de la communauté scientifique et médicale, est en vigueur depuis le 1er janvier. La principale modification pour 2024 concerne l’interdiction en compétition du tramadol, un puissant antidouleur délivré en France sur ordonnance et dont les études ont démontré un potentiel d’amélioration de la performance et des risques de dépendance en cas d’abus.

Le résumé des modifications majeures de la liste 2024 est consultable en français ici.

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L’AFLD rénove sa plateforme de signalement pour faciliter les interactions avec le public

Rebaptisée « Fair-Play », la nouvelle plateforme de signalement de l’Agence permet notamment de poursuivre dans la durée les échanges de façon anonyme et de déposer des enregistrements vocaux.

Les signalements déposés en ligne dans l’espace sécurisé du site Internet de l’Agence représentent aujourd’hui 90 % des informations extérieures reçues par l’Agence. Le signalement le plus anodin peut s’avérer crucial pour identifier et confondre une violation des règles antidopage. Que ce soit une suspicion, un renseignement ou un simple fait observé ou rapporté, le moindre détail peut avoir son importance pour défendre un sport sans dopage.

A l’Agence, chaque signalement est traité par le département des enquêtes et du renseignement. En 2022, l’exploitation de ces informations a abouti au ciblage particulier d’environ 75 contrôles dont 2 ont entraîné l’ouverture d’une procédure disciplinaire, ainsi qu’à l’ouverture de 3 enquêtes et à une quinzaine de transmissions aux autorités compétentes (parquet, Tracfin, OCLAESP…).

La nouvelle plateforme Fair-Play facilite les interactions entre l’Agence et toute personne souhaitant porter à sa connaissance des éléments utiles :

  • La plateforme est désormais déclinée en trois langues (français mais aussi anglais et espagnol) ;
  • Elle comprend la possibilité d’échanger anonymement dans la durée via une messagerie sécurisée qui ne dévoile pas l’identité de la personne à l’Agence ;
  • Elle permet de déposer un signalement par enregistrement vocal avec brouilleur de voix.

Le lancement de la plateforme Fair-Play s’accompagne d’une campagne de communication dans les lieux de sport sous la forme d’une affiche « Témoignez pour un sport propre » téléchargeable sur le site de l’Agence. Cette affiche a vocation à toucher le plus grand nombre pour sensibiliser le plus largement à la défense d’un sport sans dopage.

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L’AFLD renforce le suivi des combattants de MMA en France

Alors que l’Agence antidopage américaine (USADA) a annoncé la fin du partenariat avec l’UFC à partir de l’année prochaine, l’AFLD poursuit le développement du programme de suivi des combattants de MMA pratiquant en France.

L’AFLD entend accompagner l’essor pris par le MMA (Mixed Martial Arts, Arts Martiaux Mixtes) en France depuis sa légalisation en 2020 en poursuivant le développement de son programme antidopage pour protéger l’intégrité des combattants et défendre l’équité des compétitions. Le volume de contrôles réalisés sur les combattants de MMA est ainsi passé de 67 à 115 échantillons collectés entre 2021 et 2022.

En tant qu’autorité nationale chargée de la lutte contre le dopage, l’AFLD est habilitée à réaliser des contrôles antidopage sur les combattants français et étrangers lors de n’importe quelle compétition sportive organisée sur le territoire national, dès lors qu’elle donne lieu à des récompenses, en argent ou en nature.

Cette compétence antidopage, qui s’exerce en dehors des épreuves des calendriers fédéraux, est une singularité française sur laquelle s’appuie l’Agence pour agir au plus près de la réalité sportive du MMA. La discipline est en effet placée sous l’égide de la Fédération française de boxe mais le circuit professionnel repose quant à lui sur des organisateurs privés et des franchises commerciales. Le département des contrôles de l’AFLD a ainsi réalisé cette année des missions de contrôle sur les évènements majeurs tel que le Bellator, l’UFC Paris, le Brave CF et le PFL Europe mais aussi sur le circuit national (Ares FC, MMA GP, Hexagone MMA, etc. …).

Par ailleurs, l’Agence a intégré les combattants professionnels de MMA dans son groupe de sportifs de « niveau national », une catégorie qui permet notamment leur suivi en dehors des compétitions. La population pratiquant le MMA se révèle aujourd’hui particulièrement vulnérable au risque de dopage, avec un taux significatif de 8,7 % des contrôles ayant abouti à des tests positifs en 2022. Certains combattants sont également soumis aujourd’hui à une obligation quotidienne de localisation permettant la réalisation de contrôles inopinés tout au long de la saison. Ce processus de suivi individualisé sera renforcé pour les athlètes français évoluant à l’UFC.

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L’AFLD et l’USADA s’associent contre le dopage sanguin

L’Agence antidopage américaine (USADA) a réuni son symposium scientifique annuel à Paris en collaboration avec l’AFLD sur le thème des manipulations sanguines.

L’événement a rassemblé pendant 3 jours à Paris des experts de la lutte anti-dopage et des spécialistes en hématologie autour des manipulations de transport d’oxygène et de la détection du dopage sanguin.

Le dopage sanguin et l’utilisation de substances interdites pour manipuler le transport de l’oxygène restent parmi les agents dopants les plus à risque pour améliorer les performances sportives.

Les pratiques de dopage sanguin, telles que l’administration d’érythropoïétine synthétique (EPO), ont conduit à certains des scandales de dopage les plus retentissants, à l’instar de l’enquête sur l’équipe cycliste professionnelle de l’US Postal. Malgré les stratégies de détection directe et indirecte mises en oeuvre, il reste encore beaucoup à faire pour affiner et faire progresser les nouvelles méthodes de détection.

Les discussions ont notamment réuni les représentants des organisations suivantes :

  • L’Agence mondiale antidopage (AMA)
  • 26 laboratoires accrédités par l’AMA
  • L’Agence de contrôles internationale (ITA)
  • Les agences nationales antidopage dont la France, l’Australie, l’Autriche, la Barbade, le Danemark, l’Allemagne, l’Islande, le Japon, la Corée du Sud, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la Pologne, la Suède et le Royaume-Uni.
  • Le Comité olympique et paralympique des États-Unis
  • Le Comité international paralympique (IPC)
  • La Major League Baseball
  • La National Football League (NFL)

Le dopage sanguin reste l’un des plus grands défis en matière de détection pour protéger le sport propre, et nous devons nous demander : qui gagne ? Les dopés ou la détection ? a déclaré le Dr Matthew Fedoruk, directeur scientifique de l’USADA. Les progrès réalisés dans la découverte de biomarqueurs, les avancées technologiques en matière d’équipements et de matrices de collecte d’échantillons (Dried Blood Spot) sont extrêmement prometteurs et permettent d’élargir la palette d’outils disponibles pour lutter contre le dopage sanguin. Il est donc essentiel d’adopter les nouvelles stratégies dans notre arsenal de détection.”

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A l’occasion de la Coupe du monde, parlons du rugby propre

Joueurs, encadrants, professionnels de l’antidopage, l’AFLD donne la parole en vidéo aux acteurs du rugby propre pour mettre en avant des conseils de prévention et mieux connaître les coulisses de la lutte contre le dopage.

Sport de contact avec des championnats nationaux de très haut niveau, le rugby (à 7 et à 15) est la discipline la plus suivie par l’Agence avec près de 20 % des prélèvements collectés en 2022. Ce volume de contrôles est indispensable pour protéger la santé des joueurs et l’équité des compétitions.

Pour autant, les résultats d’analyse anormaux ont représenté en 2022 0,31 % du total des prélèvements alors que la moyenne des contrôles positifs s’établissait à 0,71 %, toutes disciplines confondues.

Consultez notre rapport annuel 2022

L’Agence intervient à tous les niveaux du rugby, professionnel et amateur. Elle réalise non seulement des contrôles en Top 14 et en Pro D2 mais également dans le championnat de Nationale et dans les autres championnats fédéraux amateurs.

En parallèle, l’Agence a agréé depuis 2021 plusieurs éducateurs antidopage issus du monde de rugby. Grace à cet effort de formation, nos partenaires, et en premier lieu le syndicat Provale, mènent des actions d’éducation et de sensibilisation auprès des joueurs et des centres de formation.

Ce sont à eux et aux autres acteurs de la lutte contre le dopage que l’AFLD souhaite donner la parole à l’occasion de la Coupe du monde de rugby. Les témoignages seront publiés en vidéo chaque semaine sur nos comptes Instagram, Twitter et Linkedin.

Premier épisode de notre campagne pour un rugby propre avec Christophe Evano, coordonnateur antidopage en charge du rugby à l’AFLD.

 

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World Rugby s’associe à l’AFLD pour une Coupe du monde de rugby 2023 équitable

World Rugby et l’AFLD ont annoncé les détails du programme de contrôles antidopage pour la Coupe du monde de rugby 2023 en France, contribuant à une compétition équitable.

La Coupe du monde de rugby 2023 sera une célébration collective, à l’occasion du 200ème anniversaire de ce sport, et l’AFLD assurera le prélèvement d’échantillons pour le tournoi en tant qu’agence officielle de prélèvement d’échantillons.

L’AFLD travaillera en partenariat avec World Rugby pour fournir des préleveurs d’échantillons qualifiés et expérimentés pour l’observation ainsi que le traitement des échantillons de sang et d’urine prélevés tout au long du tournoi, en compétition et hors compétition. L’AFLD travaille régulièrement avec des fédérations internationales telles que l’UEFA, la FIFA, World Athletics, l’UCI et World Rugby sur des événements sportifs majeurs. L’agence apporte une vaste expérience et expertise pour compléter le solide programme de contrôle antidopage de World Rugby, ainsi qu’une démarche basée sur les dernières connaissances scientifiques et renseignements disponibles, qui inclut des contrôles en compétition et hors compétition.

Dans le cadre de ce programme, l’AFLD sera responsable du prélèvement de tous les échantillons de sang et d’urine et de leur livraison pour analyse au Laboratoire antidopage français (LADF), le laboratoire accrédité par l’Agence mondiale antidopage (AMA) installé à Saclay (Essonne). Toutes les équipes participantes sont régulièrement contrôlées dans le cadre du programme antidopage mondial et continu de World Rugby et le partenariat avec l’AFLD le renforcera pendant toute la durée de la Coupe du Monde de Rugby 2023.

Une campagne de sensibilisation les 23 et 24 septembre

Afin de promouvoir un terrain de jeu égal pour tous, World Rugby, en collaboration avec le Comité d’organisation France 2023, mettra en œuvre une campagne de sensibilisation spécifique pendant le tournoi, les 23 et 24 septembre 2023, au cours du week-end « Keep Rugby Clean ».

World Rugby a prélevé plus de 2 500 échantillons d’urine et de sang en 2022, provenant de plus de 60 nationalités, et a bien entamé son programme de dépistage pour 2023, qui se concentre fortement sur les 20 équipes participant à l’édition 2023 de la RWC, et qui ont toutes été incluses dans un programme de dépistage et d’éducation pré-tournoi à long terme, depuis leur qualification. Le programme de contrôle utilise les renseignements et les données des passeports biologiques pour se concentrer sur les risques de dopage, et les échantillons sont stockés pour permettre une nouvelle analyse au fur et à mesure de l’évolution de la science.

« La Coupe du monde de rugby 2023 sera une grande célébration de ce que le rugby fait de mieux : rassembler les gens autour d’un spectacle extraordinaire sur et en dehors du terrain, déclare Sir Bill Beaumont, président de World Rugby. À l’occasion du 200ème anniversaire du sport, nous resterons fidèles à nos valeurs fondamentales de passion et d’intégrité et la collaboration avec les experts français de l’AFLD nous aidera à maintenir des conditions de jeu équitables pour toutes les équipes participantes. »

« C’est un plaisir et un honneur pour l’AFLD d’offrir son expertise et ses ressources humaines pour mener à bien le programme antidopage de World Rugby de la meilleure façon possible, ajoute Francesca Rossi, directrice des contrôles de l’AFLD. Nous collaborons déjà avec les collègues de World Rugby dans les activités de routine, et nous sommes confiants que tout sera parfaitement géré pour atteindre notre objectif commun. »

« World Rugby se réjouit de poursuivre sa longue et étroite relation étroite avec l’AFLD en la désignant comme notre agence de prélèvements d’échantillons pour ce tournoi, indique Mike Earl, le responsable antidopage de World Rugby. L’AFLD compte sur de nombreuses années d’expérience dans la gestion de programmes antidopage dans le rugby d’élite en France et dans la mise en œuvre de programmes de contrôle lors d’événements majeurs, et nous nous félicitons par avance d’associer l’expertise des deux organisations pour fournir un programme de dissuasion et de détection de qualité supérieure pendant la Coupe du monde de rugby 2023, dans la lignée de nos objectifs d’une compétition propre pour tous les participants. »

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Retour sur 40 ans de contrôles antidopage avec le docteur Olivier Grondin

Médecin généraliste installé en Ile-de-France, le docteur Olivier Grondin est le préleveur le plus expérimenté de l’AFLD avec près de 40 ans passés au service de la lutte antidopage, en France et à l’étranger. Au moment de prendre sa retraite, il revient sur son activité d’agent de contrôle du dopage menée en parallèle de sa carrière médicale.

Comment êtes-vous devenu préleveur antidopage ?
C’était en 1984. Je suivais une formation à la médecine du sport à l’hôpital Cochin, à Paris, et j’ai assisté à un module sur la lutte contre le dopage donné par un médecin du ministère des Sports qui était à l’époque l’autorité chargée de l’antidopage en France. Je suis allé le voir à la fin du cours pour lui poser quelques questions et il m’a proposé de rejoindre les rangs des « médecins préleveurs » à l’issue d’une formation pratique. A l’époque, seuls les médecins pouvaient être habilités à réaliser des prélèvements alors qu’aujourd’hui les infirmiers, les masseurs kinésithérapeutes ou encore les officiers de police judiciaire peuvent postuler. J’ai dû faire un choix car en m’engageant pour la lutte antidopage, je devais renoncer à la médecine sportive à cause des risques de conflits d’intérêt.

Comment s’est déroulé votre premier contrôle ?
Une fois agréé par le ministère comme préleveur officiel, je suis parti réaliser mon premier contrôle et j’ai été tellement mal reçu sur place que je me suis dit que cette fonction devait avoir du sens… Dans les années 1980, les contrôles diligentés par le ministère avaient uniquement lieu en compétition. Seule une poignée de fédérations internationales comme l’IAAF (athlétisme) ou la FINA (natation) réalisaient des contrôles à l’entraînement, en France ou à l’étranger. Les contrôles au domicile des sportifs sont quant à eux arrivés bien plus tard, après l’affaire Festina (1998) et la création de l’Agence mondiale antidopage (1999).

“Dans les années 1980, on utilisait encore le matériel assez archaïque et peu adapté de la police”

Quelle était la stratégie de contrôle dans les années 1980 ?
En France, on pratiquait des contrôles depuis longtemps déjà grâce à la loi sur la répression du dopage qui datait de 1965 mais il a fallu faire évoluer les mentalités. Jusqu’à la fin des années 1990, on contrôlait plus pour remplir les objectifs chiffrés du ministère que pour être véritablement efficace sur le terrain. La lutte antidopage avait alors un côté militant. Il y avait bien sûr un cadre légal qui nous permettait d’agir mais il nous fallait aussi nous engager personnellement pour faire avancer les choses.

A quoi ressemblait un contrôle en 1984 ?
Dans les années 1980, on utilisait encore le matériel assez archaïque et peu adapté de la police avec des bouteilles dans un boîtier en bois. On faisait les scellés à la cire et on écrivait à la main les numéros de série, ce qui pouvait potentiellement être source d’erreurs. On en a tiré des leçons et aujourd’hui, les flacons sont scellés mécaniquement et identifiés par un code barre.

Comment ont évolué vos rapports avec les sportifs lors des contrôles ?
Les contrôles ont été de mieux en mieux acceptés au fil des années sur le terrain même si j’ai toujours senti une forme de respect vis-à-vis du professionnalisme des préleveurs. Ce n’était heureusement pas le rodéo à chaque contrôle antidopage ! Mais ce fut aussi à nous, préleveurs, de faire évoluer les mentalités et de susciter l’adhésion en expliquant les choses pour que les sportifs intègrent que notre cause était aussi la leur et qu’elle était juste. En harmonisant et en clarifiant les règles au niveau international, l’AMA a aussi facilité nos rapports avec les sportifs et notamment avec les sportifs étrangers.

“On l’avait retrouvé assis entre deux voitures en train de faire des manipulations sur son cuissard…”

Si vous aviez à citer un contrôle inoubliable ?
Je me rappelle qu’on avait dû courir après le cycliste italien Riccardo Ricco à l’arrivée d’une étape du Tour de France en 2008. Le chaperon (la personne chargée de notifier le contrôle au sportif et de l’accompagner jusqu’au poste de contrôle) l’avait coursé pendant plusieurs minutes et l’avait retrouvé assis entre deux voitures en train de faire des manipulations sur son cuissard… Son comportement suspect avait été signalé et il avait finalement été exclu de la course après un contrôle positif à l’EPO. Quand il n’y avait pas de chaperons disponibles, et c’était souvent le cas lors des contrôles aux entraînements collectifs, c’était d’ailleurs à nous de courir après les sportifs et il pouvait m’arriver d’en perdre de vue pendant un long moment. Mais leur disparition soudaine était déjà un indice pour nous…

Et un contrôle qui s’est au contraire particulièrement bien passé ?
Aux championnats du monde d’athlétisme à Paris en 2003, je me suis retrouvé le soir après les épreuves à trottiner sur la piste du Stade de France avec la star éthiopienne Haile Gebrselassie qui venait de terminer 2e du 10 000 m. Il n’arrivait pas à uriner pour son contrôle et il m’avait proposé de le suivre pour sa séance de décrassage. A l’époque j’étais jeune et je pouvais courir même s’il y était allé gentiment.

Comment voyez-vous l’avenir de la lutte antidopage ?
Une activité humaine basée sur la compétition aura toujours des dérives donc il faut maintenir une lutte antidopage forte pour assurer l’équité entre les sportifs et protéger les athlètes propres. En tant que médecin, la santé des sportifs est une de mes préoccupations majeures et je pense que leur bilan médical est aujourd’hui meilleur qu’il y a 20 ans. Je n’oublie pas que parmi tous les sportifs que j’ai contrôlés cinq sont décédés prématurément.

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Nomination de Béatrice Bourgeois à la présidence de l’AFLD

Par décret du Président de la République en date du 28 juillet 2023, Béatrice Bourgeois, conseillère d’État, a été nommée présidente du collège de l’Agence. Elle succède à Dominique Laurent, dont le mandat avait débuté en 2017.

Par ailleurs, Pierre Delmas-Goyon, conseiller honoraire à la Cour de cassation, a été désigné au collège de l’Agence par le président du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé, en remplacement de Claude Matuchansky.

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L’AFLD à Kinshasa pour les Jeux de la Francophonie 2023

Dans le cadre de sa coopération avec le Comité d’organisation des IXème Jeux de la Francophonie qui se tiendront en République démocratique du Congo du 28 juillet au 6 août, l’AFLD s’est rendue à Kinshasa pour former 10 préleveurs.

L’AFLD a été choisie pour superviser le programme antidopage et la réalisation des contrôles des Jeux de la Francophonie 2023 qui auront lieu à Kinshasa, en République démocratique du Congo, du 28 juillet au 6 août.

Dans ce cadre, l’Agence s’est rendue la semaine dernière à Kinshasa pour former 10 agents de contrôle du dopage et une quinzaine d’escortes (chaperons), en lien avec le Comité National Antidopage Congolais (CNAC). Ils seront chargés de réaliser la centaine de contrôles prévus pendant la compétition pour les huit disciplines au calendrier (athlétisme, basket, football, judo, lutte libre, lutte africaine, tennis de table et cyclisme sur route).

Une expérience qui permettra ensuite aux dix premiers préleveurs de l’histoire de l’antidopage congolais de postuler pour participer au programme antidopage des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et des autres grandes compétitions internationales.

A Kinshasa, les représentants de l’Agence ont aussi pu s’assurer que la cinquantaine de délégations qui participeront aux Jeux disposeront de postes de contrôle du dopage aux normes pour garantir de bonnes conditions de travail aux préleveurs.

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